Cyrano et le Mobile Learning sur la Lune

Déc 3, 2014 | Mobile Learning

Alors que le premier baladeur a été inventé dans les années 1980 et l’iPhone dans les années 2000, Cyrano de Bergerac avait déjà imaginé, il y plus de 250 ans, le premier dispositif qui permet d’apprendre tout en se promenant !

Du pur Mobile Learning !

C’est dans son ouvrage « Histoire comique des Etats et Empires de la lune », que Cyrano (l’auteur donc et non le personnage de la pièce de théâtre d’Edmond Rostand) découvre le concept de « livres audio ». Dans ce conte initiatique, l’auteur, en voyage sur la Lune, se voit en effet confier par les autochtones deux « livres lunaires ». Ceux-ci permettent à chacun de n’être « jamais sans lecture ; dans la chambre, à la promenade, en ville, en voyage, à pied, à cheval, ils peuvent avoir dans la poche, ou pendus à l’arçon de leurs selles, une trentaine de ces livres ».

Tout comme nous à Teach on Mars, Cyrano trouve extraordinaire de pouvoir apprendre partout et à tout moment ! Il s’ébahit même que les jeunes hommes de la Lune possèdent « davantage de connaissance à seize et à dix-huit ans que les barbes grises » de la Terre grâce à cette technologie qui ne contraint personne de s’isoler dans une pièce pour consulter de volumineux ouvrages en papier.

Alors bien sûr, la technologie décrite par Cyrano ne ressemble en rien à nos derniers iPhones et autres Samsung Galaxy… Cyrano ne connait de technologie que la mécanique faite de « petits ressorts et machines imperceptibles ». Les applications mobiles de notre Cyrano ressemblent donc davantage à des horloges miniaturisées qu’à nos smartphones extrafins mais on ne peut que saluer l’esprit visionnaire de l’auteur !

Allez, pour le plaisir je vous retranscris ci-dessous un extrait plus large de ce grand homme.

« Histoire comique des Etats et Empires de la lune » de Cyrano de Bergerac (1650)

« Mais il fut à peine sorti, que je mis à considérer attentivement mes livres, et leurs boîtes, c’est-à-dire leurs couvertures, qui me semblaient admirables pour leurs richesses. A l’ouverture de la boîte, je trouvai dedans un je ne sais quoi de métal presque semblable à nos horloges, pleins de je ne sais quelques petits ressorts et de machines imperceptibles. C’est un livre à la vérité, mais c’est un livre miraculeux qui n’a ni feuillets ni caractères ; enfin c’est un livre où pour apprendre, les yeux sont inutiles ; on n’a besoin que des oreilles. Quand quelqu’un donc souhaite lire, il bande avec grande quantité de toutes sortes
de petits nerfs cette machine, puis il tourne l’aiguille sur le chapitre qu’il désire écouter, et au même temps il en sort comme de la bouche d’un homme, ou d’un instrument de musique, tous les dons distincts et différents qui servent, entre les grands lunaires, à l’expression du langage.
Lorsque j’ai depuis réfléchi sur cette miraculeuse invention de faire des
livres, je ne m’étonne plus de voir que les jeunes hommes de ce pays-là possédaient plus de connaissance, à seize et dix-huit ans, que les barbes grises du nôtre ; car, sachant lire aussitôt que parler, ils ne sont jamais sans lecture ; à la chambre, à la promenade, en ville, en voyage, ils peuvent avoir dans la poche, ou pendus à la ceinture, une trentaine de ces livres dont ils n’ont qu’à bander un ressort pour en ouïr un chapitre seulement, ou bien plusieurs, s’ils sont en humeur d’écouter tout un livre : ainsi vous avez éternellement autour de vous tous les grands hommes, et morts et vivants, qui vous entretiennent de vive
voix. Ce présent m’occupe plus d’une heure ; enfin, me les étant attachés en forme de pendants d’oreilles, je sortis pour me promener
. »