fbpx

Les promesses de l’apprentissage mobile ont l’avantage d’être claires et convaincantes. Si, en tant que responsables de programmes, formateurs et concepteurs pédagogiques, nous sommes capables de mettre à disposition un environnement de formation et de développement de haute qualité sur les appareils mobiles de nos apprenants, nous pouvons alors multiplier les moments d’apprentissage à l’infini tout au long de la journée de chacun des utilisateurs.

Les gens autour de nous ne quittent, pour ainsi dire, jamais leur smartphone… que ce soit lors de leurs trajets domicile-travail, quand ils promènent leur chien ou durant leurs entraînements sportifs. Nous observons aussi ce phénomène (et il s’agit là d’un profond changement sociétal) sur le canapé ou dans la cuisine au sein de leur foyer et pendant leur temps libre.

Par conséquent, si nous parvenons à offrir une expérience d’apprentissage par le biais de ce dispositif avec lequel, d’après de nombreuses études, les deux tiers des adultes britanniques de moins de 35 ans interagissent dans les cinq minutes qui suivent leur réveil, nous pourrons conquérir les cœurs, les esprits et surtout les pouces d’une communauté d’apprenants actifs, connectés et impliqués comme jamais auparavant. Rien de plus simple, n’est-ce pas ? En théorie, bien sûr. Mais en pratique, le Saint Graal des apprenants qui se forment comme ils utilisent Facebook, Instagram, WhatsApp, LinkedIn ou Strava est en fait beaucoup plus difficile à atteindre.

Pour David Perring, Directeur de recherche du groupe Fosway, cette nécessité absolue de rendre l’apprentissage mobile revient à « être là où le regard se pose ». Une expression qui résume clairement la situation, mais que David s’empresse lui-même de préciser en insistant sur le fait que le défi ne consiste pas seulement à trouver le bon canal de diffusion. Selon lui, pour toute organisation souhaitant s’assurer une présence forte et crédible sur le secteur de l’apprentissage mobile, alimenter les smartphones de ses apprenants avec des contenus n’est que la condition première élémentaire. Qui plus est, selon David, le fait de trop se focaliser sur les contenus risque de nous empêcher d’atteindre notre véritable objectif de créer une expérience d’apprentissage immersive et inclusive, qui place les liens sociaux, l’agilité et les interactions humaines au premier plan. Surtout que cette expérience doit impérativement rester profondément ancrée dans la réalité de l’entreprise, afin de s’assurer que la formation est adaptée et que son impact est mesurable.

La question n’est pas de savoir si ce que nous offrons surpasse les autres formes plus traditionnelles d’apprentissage numérique ou non numérique. Il s’agit plutôt de savoir si ce que nous offrons surpasse Candy Crush. Parce que ne vous y trompez pas, avec 3 milliards de téléchargements et plus d’un million de kilomètres parcourus quotidiennement par nos pouces et nos doigts sur les écrans de nos smartphone, les jeux comme Candy Crush sont sans aucun doute les principaux concurrents de toute application mobile.

Cela fait maintenant deux ans que j’utilise le paradigme Candy Crush pour exprimer la vision de Teach on Mars sur l’apprentissage nouvelle génération lors de mes discussions avec nos clients et prospects. Dans un premier temps contre-intuitif, et même potentiellement choquant, cet argument finit toujours par toucher une corde sensible. En effet, on se rend rapidement compte que pour relever le défi de l’apprentissage mobile, proposer une expérience « grand public », capable de rivaliser avec toutes ces autres applications qui se taillent déjà la part du lion sur nos écrans, n’est pas tant un objectif ultime qu’un point de départ non négociable.

Pour l’instant, le problème semble assez simple. Mais au-delà du jargon marketing et des questions pertinentes, comment les organisations peuvent-elles estimer si l’expérience d’apprentissage sur mobile qu’elles proposent est réellement « grand public » ? Bien que nous n’en soyons probablement pas encore au stade où nous disposons d’indicateurs clés de performance précis et mesurables, j’aimerais suggérer trois critères basés sur une appréciation des facteurs de différenciation des meilleures applications mobiles.

Votre expérience d’apprentissage repose-t-elle sur l’effet Boucle d’or ?

Nous connaissons tous ce conte pour enfants. La bouillie de papa ours est trop salée, celle de maman ours est trop sucrée, quant à celle de bébé ours est délicieuse. Il en va de même des règles, des contraintes et des structures que vous intégrez à votre expérience d’apprentissage. Si elles sont trop nombreuses, vos apprenants risquent de se lasser et de se désintéresser (comme c’est le cas depuis des décennies sur les plateformes d’apprentissage numériques classiques). Éliminez les directives et laissez aux apprenants la liberté de s’autodiriger en tant qu’individus ou en tant que communauté, et l’écosystème d’apprentissage établira rapidement sa propre gouvernance. Veillez simplement à maintenir une structure suffisamment judicieuse pour éviter le risque de dilution de votre concept didactique et de votre capacité à mesurer et à suivre les avantages pédagogiques.

Faites-vous en sorte que la technologie et le contenu « disparaissent » ?

La technologie qui sous-tend les expériences mobiles les plus subtiles et les plus stimulantes est vraiment intelligente. Tellement intelligente qu’on finit par l’oublier. Tout devient parfaitement intuitif. Les recommandations et les notifications se fondent dans votre quotidien. Les commandes sont exactement là où vous vous attendez à les trouver. Les nouvelles fonctionnalités apparaissent comme par magie et les mises à niveau ne nécessitent pratiquement aucune explication ou documentation (vous souvenez-vous, par exemple, quand vous avez pour la dernière fois mis à jour votre application Uber sur votre téléphone ?). Quant au contenu, il est évidemment au centre des applications mobiles que nous connaissons tous, apprécions et utilisons sans cesse. Un contenu actualisé en continu. Mais, ce qui influe le plus dans l’expérience réside dans les interactions entre les utilisateurs que le contenu suscite et encourage. L’apprentissage de prochaine génération n’est pas une question de technologie ni même de contenu, c’est une question de connexions entre les apprenants et de communautés et surtout de culture. En d’autres termes, il s’agit d’une expérience humaine et sociale. Une expérience d’apprentissage qui est numérique, certes, mais avec cette petite touche critique d’humanité que nous pouvons appeler un supplément d’âme. Et si nous ne pouvons pas affirmer que cela s’applique à notre offre de Mobile Learning, cela signifie que nous devons probablement la repenser.

Est-ce que l’expérience physique a été prise en compte ?

Strava, l’application n°1 pour les coureurs et les cyclistes, a déclaré avoir engrangé près d’un million de nouveaux utilisateurs par mois en 2017 et que, chaque semaine, plus de 8 millions d’activités avaient été téléchargées et partagées via leur système.
Il n’y a pas si longtemps, personne ne parlait de « fitness social », en tous cas pas hors des cercles élitistes des clubs de vélo et d’athlétisme.
Aujourd’hui, tout cycliste amateur peut comparer ses performances non seulement avec celles qu’il a réalisées lui-même la semaine dernière ou l’année dernière, mais aussi avec celles des vainqueurs d’étapes du Tour de France. La moindre ascension devient alors plus gratifiante.
Et ce n’est pas tout, cette application qui avait été d’abord spécifiquement conçue pour le cyclisme prend désormais en charge d’une trentaine de sports différents. La technologie intégrée à l’interface utilisateur de Strava est tellement intelligente qu’elle est capable, la plupart du temps, de détecter automatiquement quel sport vous êtes en train de pratiquer (voir le critère N°2 ci-dessus). Les besoins de chacun sont pris en compte, quelles que soient leurs capacités et leurs activités. Bien entendu, Strava est un exemple particulièrement frappant, compte tenu de sa vocation sportive. Mais la tendance avec la plupart des expériences mobiles modernes est de s’éloigner d’une interaction 100 % numérique et de favoriser les points de contact humains plus traditionnels comme les rencontres et les événements communautaires locaux. Parallèlement, les expériences d’apprentissage de nouvelle génération revêtent une nouvelle dimension avec l’émergence des « événements phygitaux » immersifs, dans le cadre desquels la technologie d’apprentissage mobile accompagne des groupes d’apprenants dans des aventures d’apprentissage semi-compétitives en temps réel qui mettent fortement l’accent sur l’interaction physique et l’utilisation des cinq sens et de l’effort communautaire.

Il est intéressant de noter que ces trois critères transcendent les limites strictes de l’apprentissage numérique et que l’expérience de l’apprenant est évaluée, au moins en partie, selon des critères du monde réel qui sont très éloignés des mesures habituelles de la L&D.
Ce qui, en fin de compte, ne devrait pas nous surprendre plus que cela. Après tout, nos d’apprenants se baseront instinctivement sur ces mêmes critères pour évaluer nos offres de formation dans cette nouvelle ère de l’apprentissage de prochaine génération.