Comment l’intelligence artificielle s’inscrit-elle dans l’avenir de l’apprentissage ?

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Quel sera l’impact de l’intelligence artificielle sur le développement futur de Teach on Mars ?  

Chez Teach on Mars, nous prenons l’intelligence artificielle (IA) très au sérieux. Pour nous, c’est bien plus qu’un concept au goût du jour ou un effet de mode, car nous envisageons clairement comment chacune de nos actions en sera transformée et valorisée. Le potentiel qui s’ouvre à nous est d’une envergure inédite, car l’IA facilitera non seulement la création de parcours de formation adaptés à chaque apprenant, mais aidera également les formateurs et les concepteurs pédagogiques à générer des contenus pertinents et motivants. Nous pensons que la valeur sur le marché de cette technologie se révélera pleinement d’ici 3 à 5 ans. Cela dit, il est important de garder le sens de la mesure et de ne pas exagérer le rôle des machines dans le domaine de l’apprentissage.

Personnellement, en tant qu’ingénieur informatique, je n’aime pas le terme « IA », car un ordinateur est tout sauf intelligent ! Nous avons déjà des difficultés à comprendre ce qu’est l’intelligence humaine, alors parler d’intelligence artificielle – même aujourd’hui – est tout à fait prématuré. Je préfère la notion d’algorithmes d’apprentissage-machine, qui se réfère à la capacité réelle et objective de l’ordinateur à analyser de gros volumes de données, à reconnaître des modèles, à appliquer des règles et à les répertorier.

La seule donne qui a changé dans notre monde connecté actuel, c’est la quantité incroyable de données que nous accumulons dans nos bases de données. Grâce à nos centaines de milliers d’utilisateurs, Teach on Mars génère littéralement des millions d’éléments de données qui nous permettent d’identifier les modes d’apprentissage, les raisons des échecs et des réussites, quels sont les formats les plus appréciés et les types de contenus pédagogiques qui fonctionnent le mieux.

Forts de cette meilleure compréhension, nous avons formé une équipe dédiée au sein de Teach on Mars, dont le nom de code est « Curiosity » (comme le robot envoyé sur Mars par la NASA en 2012). La mission de cette équipe est d’élaborer des algorithmes capables d’analyser l’ensemble de ces précieuses données et d’aider au développement d’une énorme capacité de personnalisation des parcours de formation afin de pouvoir ensuite les proposer à nos clients à un moindre coût. Pour renforcer nos activités de R&D, nous avons également mis en place un programme de recherche de trois ans en partenariat avec l’INRIA à Sophia-Antipolis (Institut national de recherche sur l’IA), qui impliquera certains des plus grands experts de l’intelligence artificielle en Europe.

Quels changements pour le mobile learning ? 

Ces nouveaux algorithmes intelligents nous aideront à chaque étape du processus d’apprentissage. Tout d’abord, ils aideront la machine à comprendre vos besoins en formation par le biais du langage naturel. Imaginez pouvoir simplement parler avec votre smartphone ou dialoguer avec un chatbot à propos de vos besoins, projets ou objectifs, de manière fluide et intuitive. Et imaginez que la machine soit capable de vous comprendre et de traduire vos paroles en un ensemble de compétences à améliorer.

Ensuite, un algorithme pourra élaborer et prescrire un programme de formation personnalisé, basé sur votre niveau de compétences actuel, vos préférences d’apprentissage et le temps que vous pouvez y consacrer. Ce programme proposera généralement diverses possibilités de formation, combinant des activités numériques avec, par exemple, des contacts avec des pairs ou des experts, afin de faciliter l’apprentissage social.

La machine sera également capable d’indexer automatiquement d’énormes corpus de documents, vidéos, podcasts et autres contenus pour trouver les ressources d’apprentissage qui vous conviennent. Elle pourra même concevoir des activités personnalisées, spécialement pour vous !

Les stratégies d’apprentissage seront, par conséquent, mieux adaptées aux besoins et aux objectifs des apprenants (et des organisations). L’écosystème d’apprentissage de l’organisation fonctionnera plus efficacement et à moindre coût.

Pour renforcer la confiance des apprenants dans le système, il sera essentiel de maintenir les normes de qualité les plus strictes en termes de contenus et de garantir la pertinence de toutes les propositions d’apprentissage. Donc, à moyen terme du moins, nous pensons que la machine ne pourra pas se passer d’une intervention et d’une supervision humaines pour valider les stratégies d’apprentissage ainsi que les contenus élaborés numériquement.

Nous pensons également qu’il existe un réel besoin d’éduquer les apprenants sur l’intelligence artificielle, afin de les aider à véritablement comprendre en quoi consiste cette nouvelle technologie et appréhender son incidence probable sur leur apprentissage et leur développement personnel, mais aussi sur leur vie. Dans les décennies à venir, tout le monde devra être apte à intégrer l’intelligence artificielle !

Chez Teach on Mars, envisageons-nous de recourir à l’intelligence artificielle pour créer des contenus et des activités ?  

Bien entendu. Nous avons mis en place un programme de recherche avec l’INRIA et le laboratoire WIMMICS pour relever précisément ce défi. .
En termes de nouvelles capacités et fonctionnalités pour la solution Teach on Mars, cela pourrait se traduire par :

  • un learning chatbot, capable de vous poser des questions et de se servir de vos réponses, ainsi que de l’analyse de vos besoins et de vos préférences d’apprentissage, afin de vous aider à élaborer votre propre stratégie pour vous former à tout moment et en tout lieu ;
  • la génération automatique de jeux pédagogiques grâce à un algorithme capable de créer des jeux sur une base ad hoc en parcourant des documents sur divers sujets. Les contenus bruts ainsi obtenus devront tout de même être revus et validés par un formateur, mais les gains en temps potentiels seront considérables ;
  • des défis de certification des compétences personnalisés : génération de questionnaires ciblés et contextuels pour une mise à niveau des connaissances intelligentes basée sur les niveaux de compétences réels des apprenants ;
  • des recommandations intelligentes : des notifications Push sur le Wall de l’application Teach on Mars, avec des conseils d’activités d’apprentissage afin de mettre en place une démarche « Time to Competency » (T2C) permettant d’optimiser le temps consacré à la formation.

Bien que les possibilités soient à la fois prometteuses et infinies, il nous faut réitérer la nécessité de mesurer nos attentes. À ce stade, nous devons considérer ces fonctionnalités comme une manière de renforcer les capacités de formation, mais en aucun cas comme un moyen de remplacer l’apport d’un formateur ou d’un concepteur pédagogique humain, seul habilité à créer un parcours de formation véritablement intelligent, attractif et personnalisé, et surtout capable de motiver les apprenants. Gardons à l’esprit qu’une machine n’a aucune personnalité, aucun sens de l’humour et aucune réelle connaissance de la psychologie humaine. L’importance de l’intelligence émotionnelle et de l’empathie dans tout processus d’apprentissage signifie que seul un formateur humain peut susciter l’engagement auprès des apprenants.

Pensez-vous que, demain, les algorithmes pourront concevoir des contenus sans faire appel au cerveau d’un concepteur pédagogique ?

Peut-être un jour… mais pas avant longtemps !
Comme mentionné précédemment, un ordinateur n’est pas vraiment intelligent. En fait, il est plutôt stupide. Il ne peut pas, pour l’instant, s’adapter aux situations nouvelles, ni innover. Il est incapable d’enfreindre les règles ou de prendre des risques. Il ne fait preuve d’aucune curiosité et ne sait pas relever des défis. Il éprouve des difficultés à identifier ce qui est nouveau. Il peut, en revanche, appliquer des règles programmées par l’homme, et traiter des données bien plus rapidement et plus efficacement que nous.

En d’autres termes, les ordinateurs et l’intelligence artificielle vont « renforcer » notre capacité à imaginer, concevoir et créer des écosystèmes d’apprentissage intelligents, ainsi que notre aptitude à enseigner et à apprendre.

L’intelligence artificielle va agir comme un levier sur nos stratégies de formation et les rendre davantage opérationnelles, tout en réduisant les coûts de nos programmes pédagogiques. Mais, les formateurs devront rester dans la boucle. Le métier va changer, mais ne disparaîtra pas. Loin de là ! La liberté acquise grâce aux nouvelles technologies leur permettra de se concentrer sur des tâches à plus grande valeur ajoutée. Des tâches telles que la conception de programmes de formation complexes et multimodaux, la sélection des technologies adaptées et la création d’un environnement propice à l’apprentissage, tant en termes de contenus que de flexibilité. Mais surtout, ils disposeront de davantage de temps et de ressources pour susciter et encourager la volonté d’apprendre.

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Sur l'auteur

Vincent Desnot

Vincent a créé Teach en Mars après avoir consacré dix années de vie professionnelle à la formation digitale. Véritable pionnier en France du e-learning, il est l’ancien fondateur et dirigeant de l’entreprise Epistema (aujourd’hui Groupe Crossknowledge) et c’est aujourd’hui avec la même passion qu’il se lance dans l’aventure du Mobile Learning.

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