Les neurosciences ? Oui. Mais les neurosciences sociales, ça vous parle ?

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Neuro-économie, neurosociologie, neuro-anthropologie, neuropsychanalyse… il semblerait que les sciences de l’homme et de la société entrent dans l’âge du neurone(1). Leurs objectifs ? Relier biologie et sciences sociales afin de mieux comprendre comment le cerveau est sculpté par les relations et comportements sociaux.

L’impact des sciences de l’homme sur les relations sociales

Ces connaissances permettent notamment de déterminer l’impact des relations sociales, positives ou négatives, sur l’apprentissage. Comme vous n’êtes pas sans le savoir, le cerveau est un organe hautement social. Il analyse de façon continue les faits et gestes de nos semblables. Il nous permet de filtrer les émotions, les intentions de nos congénères et détermine une réaction en adéquation, favorable ou non. L’un des responsables de ces comportements est l’ocytocine. L’ocytoquoi ? L’o-cy-to-cine, décryptage de son rôle (2) : « L’ocytocine est le neuromédiateur principal impliqué dans nos comportements sociaux. Elle influence l’ensemble de nos comportements sociaux, des plus basiques comme la direction du regard, aux plus complexes comme la confiance en l’autre. L’ocytocine influence l’amygdale cérébrale sentinelle de nos émotions ».

Le cerveau est donc ultra-sensible à son environnement social. Les relations sociales ont un véritable impact sur notre santé mentale et physique (3) via les émotions qu’elles déclenchent.

Mais qu’en est-il de l’apprentissage ?

Les émotions négatives, telles que la peur, l’anxiété ou le stress excessif constituent une barrière à l’apprentissage car le cerveau, en alerte, donne l’avantage à l’instinct de survie et redirige son énergie vers le traitement du danger. Le temps n’est plus à la réflexion mais à l’action ! Toutefois, il est à noter qu’un certain niveau de stress permet l’engagement et accroît la motivation, c’est le fameux stress positif !

Les émotions positives quant à elles, procurent un sentiment de bien-être et agissent directement sur la performance des individus. A ce propos, Barbara Fredriskon a mené une expérience consistant à stimuler un état positif neutre ou négatif par le visionnage de courts métrages. S’en suivaient des tests cognitifs de résolution de problèmes. Les personnes exposées au film agréable ont été plus performants, créatifs et logiques dans leurs solutions.

Si vous souhaitez en savoir plus, n’hésitez pas à consulter l’interview de Barbara Fredrickson (4).

Autre preuve, nous avons tous en tête cet(te) enseignant(e) à la pédagogie ravageuse qui nous a fait adorer sa matière et pour laquelle le plaisir d’apprendre était tout aussi fort que les connaissances s’accumulaient avec une grande facilité. John Hattie, enseignant chercheur et auteur du livre « Visible Learning » dont l’objectif est d’identifier les facteurs de réussite scolaire, nous révèle que la qualité de la relation enseignant-élève y tient une place prépondérante. Pour lui plusieurs facteurs sont déterminants, parmi eux :

  • L’auto-évaluation
  • L’empathie et les encouragements
  • Les feedbacks

En résumé, les interactions sociales suscitent des émotions, favorables ou défavorables, qui, si elles sont stimulées de façon positives, deviennent un levier d’apprentissage redoutable.

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(1) Feuerhahn, Wolf, et Rafael Mandressi. « Les « neurosciences sociales » : historicité d’un programme », Revue d’Histoire des Sciences Humaines, vol. 25, no. 2, 2011, pp. 3-12.
(2) Neurolearning, les neurosciences au service de la formation. Editions Eyrolles, 2017
(3) Social Relationships and Health, Journal of Health and Social Behavior – Umberson & Montez, 2010
(4) Revue Psychologie Positive Magazine, « La valeur des émotions posititves »

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Sur l'auteur

Alexis Richer

Etudiant en Management de l'Innovation en quête d'aventures interstellaires et grand amoureux de la nature, Alexis a rejoint la colonie Teach on Mars afin d'y faire pousser l'arbre de la connaissance !

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